15 avril 2026

La lutte contre le piratage des contenus de médias, un phénomène qui a posé ses tentacules dans le landerneau de l’audiovisuel en République démocratique du Congo ( RDC), tel est le cheval de bataille de la chaîne française Canal+, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication ( CSAC), du ministère de l’ Économie numérique et de la justice congolaise. Une conférence de presse a été organisée, ce vendredi 03 avril à Kinshasa par ce Consortium pour une mobilisation nationale, afin de sensibiliser et rassembler autour de cette menace aux conséquences graves sur toute la chaine de production et sur l’économie du pays.

Mettre sur pied un front commun entre institutions, diffuseurs et régulateurs, informer le public sur les impacts du piratage, impliquer créateurs et influenceurs pour une sensibilisation active, encourager la consommation responsable, pour que chacun se sente impliqué, sont les objectifs poursuivis.

L’Expert et Avocat, Christian Ngandu a épinglé les conséquences du piratage de contenus sur l’activité économique des opérateurs de la télévision ainsi que des conséquences sociales sur l’éducation des enfants à l’ère du numérique.

Aujourd’hui Canal+, c’est ce partenaire qui lance un front commun contre le piratage. Depuis un certain nombre d’années, il y a eu un constat réel d’accroissement des activités de piratage que Canal+ a qualifié de crise de piratage. En tant qu’Expert, il se justifie par le fait que les les conséquences du piratage grandissent de plus en plus et ont un impact sur l’activité économique de vos entreprises, tous les opérateurs du secteur de la télévision, mais également il va avoir des conséquences sociales énormes sur l’éducation de vos enfants.Vous êtes sans ignorer qu’à plusieurs reprises, il y a eu des dérives communicationelles par la télévision ou par des applications sur, qui ont eu un impact regrettable sur l’éducation. Alors, la plupart du temps, on a voulu faire porter ces choses aux opérateurs régulier“, a-t-il souligné.

La sensibilisation du consommateur

Il en appelle à la sensibilisation du consommateur au-delà des actions pénales du ministère public.

Nous savons que la Ligue espagnole est vraiment consommée à Kinshasa et c’est peut-être un produit phare de Canal + qui est malheureusement systématiquement piraté par la TNT, par les IPTV.
Donc on va prendre un produit de l’Afrique australe ou de l’Afrique du Moyen-Orient pour les diffuser dans la zone subsaharienne. Ça a un impact certainement économique pour l’entreprise. Face à ce fléau de piratage, j’insiste qu’ il y a des questions qui trouveront des réponses directement auprès de Canal+ mais en ma qualité de Consultant et d’Expert, je crois que Canal+ a décidé de passer par une sensibilisation au-delà de des actions pénales qui sont peut-être l’oeuvre du ministère public liée autour de ça
“, a-t-il poursuivi.

La réglementation aux réalités numériques, le contrôle et la surveillance, la sanction des infractions

Quant au CSAC, il met le curseur sur une adaptation de la réglementation aux réalités numériques, au contrôle et la surveillance, à la sanction des infractions.
Pas que ça, cette institution de régulation des contenus de médias exhorte à une lutte collective d’autant plus aucune organisation, un opérateur ou un État peut à lui seul juguler le piratage.

” Face à ces défis, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication entend assumer pleinement ses responsabilités comme il a eu à le faire dans un passé pas lointain. Notre action s’articule donc autour des axes, des quatre axes principaux, à savoir le renforcement du cadre normatif, c’est-à-dire nous oeuvrons à adopter ou plutôt à adapter notre réglementation aux réalités numériques afin que nous puissions mieux encadrer la diffusion et la distribution des contenus audiovisuels. Deuxième acte, le contrôle et la surveillance. Le CSAC intensifie ses mécanismes de suivi des opérateurs afin de détecter et parvenir à prévenir les pratiques illégales. Troisième acte, la sanction des infractions. Nous prenons souvent des mesures dissuasives afin de juguler le phénomène de piratage de contenu audiovisuel. Enfin la sensibilisation du public. Il est essentiel de faire évoluer les mentalités et de rappeler que consommer illégalement, c’est en fait porter atteinte à tout un écosystème. Aucune institution, aucun opérateur, aucun État ne peut à lui seul venir à bout du piratage. Cette lutte doit être collective. Elle implique donc les pouvoirs publics, les régulateurs, les opérateurs audiovisuels, les fournisseurs d’accès à internet, les plateformes numériques ainsi que les consommateurs”, a fait savoir son Rapporteur adjoint, Serge Ndjibu.

Cette conférence riche en couleurs a également connu la présence du Représentant de la Liga en Afrique, de l’Officier du ministère public, Monsieur Bashonga, de l’ un des Procureurs de la République, de la Haute-Conseillère du CSAC, Chantal Kanyimbo, des journalistes sportifs, des artistes, de la nouvelle coqueluche de l’animation congolaise et ambassadeur de Canal+, Lumumba Vea.

KGB Nesta