La lutte contre le piratage des contenus de médias, un phénomène qui a étendu ses tentacules dans le landerneau de l’audiovisuel en République démocratique du Congo (RDC), tel est le cheval de bataille de la société française Canal+, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), du ministère de l’Économie numérique et de la justice congolaise. Une conférence de presse a été organisée ce vendredi 03 avril à Kinshasa par ce consortium pour une mobilisation nationale, afin de sensibiliser et rassembler autour de cette menace aux conséquences graves sur toute la chaîne de production et sur l’économie du pays.
Mettre sur pied un front commun entre institutions, diffuseurs et régulateurs, informer le public sur les impacts du piratage, impliquer les créateurs et influenceurs pour une sensibilisation active, encourager la consommation responsable afin que chacun se sente impliqué, tels sont les objectifs poursuivis.
L’expert et avocat, Christian Ngandu, a épinglé les conséquences du piratage des contenus sur l’activité économique des opérateurs de la télévision, ainsi que ses impacts sociaux sur l’éducation des enfants à l’ère du numérique.
« Aujourd’hui, Canal+ est ce partenaire qui lance un front commun contre le piratage. Depuis un certain nombre d’années, il y a un constat réel d’accroissement des activités de piratage que Canal+ qualifie de crise. En tant qu’expert, cela se justifie par le fait que les conséquences du piratage grandissent de plus en plus et ont un impact sur l’activité économique des entreprises, notamment les opérateurs du secteur de la télévision. Mais cela entraîne également des conséquences sociales importantes sur l’éducation des enfants. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’à plusieurs reprises, il y a eu des dérives communicationnelles via la télévision ou certaines applications, avec des impacts regrettables sur l’éducation. Pourtant, la plupart du temps, on a voulu en faire porter la responsabilité aux opérateurs réguliers », a-t-il souligné.
La sensibilisation du consommateur

Il en appelle à la sensibilisation du consommateur, au-delà des actions pénales du ministère public.
« Nous savons que la Ligue espagnole est très consommée à Kinshasa et constitue un produit phare de Canal+, malheureusement systématiquement piraté via la TNT ou les IPTV. Cela oblige parfois à proposer des contenus provenant d’autres régions, comme l’Afrique australe ou le Moyen-Orient, pour les diffuser en Afrique subsaharienne. Cela a évidemment un impact économique sur l’entreprise. Face à ce fléau, j’insiste sur le fait que certaines réponses relèvent directement de Canal+, mais en ma qualité de consultant et d’expert, je pense que Canal+ a choisi de privilégier la sensibilisation, au-delà des actions pénales qui relèvent du ministère public », a-t-il poursuivi.
La réglementation face aux réalités numériques
Quant au CSAC, il met l’accent sur l’adaptation de la réglementation aux réalités numériques, le contrôle et la surveillance, ainsi que la sanction des infractions.Cette institution de régulation des contenus médiatiques appelle également à une lutte collective, estimant qu’aucune organisation, aucun opérateur ni aucun État ne peut, à lui seul, juguler le piratage.
« Face à ces défis, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication entend assumer pleinement ses responsabilités, comme il l’a fait par le passé. Notre action s’articule autour de quatre axes principaux : le renforcement du cadre normatif, en adaptant la réglementation aux réalités numériques afin de mieux encadrer la diffusion et la distribution des contenus audiovisuels ; le contrôle et la surveillance, avec un suivi accru des opérateurs pour détecter et prévenir les pratiques illégales ; la sanction des infractions, à travers des mesures dissuasives ; et enfin la sensibilisation du public. Il est essentiel de faire évoluer les mentalités et de rappeler que consommer illégalement, c’est porter atteinte à tout un écosystème. Aucune institution, aucun opérateur, aucun État ne peut venir à bout du piratage seul. Cette lutte doit être collective », a déclaré son rapporteur adjoint, Serge Ndjibu.
Cette conférence, riche en couleurs, a également connu la présence du représentant de la Liga en Afrique, de l’officier du ministère public, Monsieur Bashonga, d’un procureur de la République, de la haute conseillère du CSAC, Chantal Kanyimbo, ainsi que de journalistes sportifs, d’artistes et de la nouvelle figure de l’animation congolaise et ambassadeur de Canal+, Lumumba Vea.
KGB Nesta
