Deux mois jour pour jour se sont écoulés depuis le coup d’envoi officiel de la saison sportive en République démocratique du Congo ( RDC). Le constat demeure pourtant amer : aucun championnat de football n’a repris sur l’ensemble du territoire national. Privés de calendrier, les clubs sont contraints de s’entraîner à l’aveugle, dans une situation désolante qui frise le ridicule.
C’est un véritable scénario d’incertitude rappelant la parabole du « Nous ne connaissons ni l’heure ni le jour » qui s’impose aujourd’hui au football congolais.
De la Ligue I de la Linafoot jusqu’aux Ententes urbaines, un doute pesant plane sur la reprise effective des compétitions, pendant que les litiges administratifs continuent d’encombrer les bureaux.
Cette paralysie générale pénalise lourdement les représentants nationaux sur la scène continentale. Alors que le deuxième tour des interclubs de la Confédération africaine de football ( Caf) pointe à l’horizon, les trois clubs congolais engagés manquent cruellement de rythme et de matchs officiels dans les jambes.
Pour pallier ce déficit, les structures s’organisent au système D. À Lubumbashi, le TP Mazembe a pris l’initiative d’organiser un tournoi amical pour s’affûter, une formule rapidement imitée par plusieurs formations de Kinshasa. De son côté, l’AS Maniema Union joue les pigeons voyageurs, multipliant les déplacements entre Brazzaville et la Tanzanie pour disputer des rencontres amicales.
Dans l’inconscient collectif, les bons résultats de la sélection nationale masculine servent souvent de trompe-l’œil. La qualification historique pour la Coupe du monde et les récentes victoires lors des éliminatoires de la Coupe d’ Afrique des nations ( Can) 2027 occultent une réalité troublante : les dirigeants de la Fédération semblent oublier l’une des missions fondamentales de leur mandat, à savoir promouvoir et garantir l’épanouissement du football local.
La RDC ne manque pas de talents, mais bien d’une organisation rigoureuse capable de les encadrer et de les valoriser. Ce retard à l’allumage aura indéniablement des répercussions directes sur le déroulement et la régularité de la saison 2026-2027.
Il est désormais urgent que chaque acteur du football national fasse son introspection et évalue la portée de sa responsabilité. L’enjeu est de taille : redonner à nos championnats leur attractivité et permettre aux joueurs évoluant au pays d’avoir une chance légitime de défendre les couleurs nationales.
Dan Bonganga
