16 octobre 2026

Trois mois après le lancement de l’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau Directeur technique national (DTN), la Fédération congolaise de football association (FECOFA), sous la direction de Veron Mosengo-Omba, reste silencieuse sur l’évolution du processus. Aucun nom n’a officiellement été annoncé, aucune échéance n’a été communiquée. Une situation qui soulève des interrogations au sein de l’opinion sportive congolaise, alors que la Direction technique nationale est appelée à jouer un rôle central dans la reconstruction du football congolais.

Où en est réellement le recrutement du prochain DTN ? Qui sont les candidats retenus et à quand la désignation du nouveau responsable ? Ces questions demeurent sans réponse publique, tandis que les critiques se multiplient sur le fonctionnement actuel de cette structure stratégique.

Au cœur des débats figure Médard Lusadusu, actuel Directeur technique national, dont le travail est de plus en plus contesté par certains observateurs du football congolais. L’absence d’une identité de jeu clairement identifiable dans plusieurs sélections de jeunes, les interrogations sur la cohérence des choix techniques et la composition de certains staffs alimentent les critiques. Des sportifs avertis lui reprochent notamment une influence jugée excessive dans la désignation de certains membres des encadrements techniques, au détriment, selon eux, d’une sélection davantage fondée sur les compétences et l’expérience.

Le parcours de Lusadusu à la Direction technique nationale soulève également des questions. Lorsqu’il occupait les fonctions de DTN adjoint, il travaillait dans un dispositif technique dirigé par N’sengi Biembe, alors Directeur technique national. Le programme technique de ce dernier constituait la référence de travail de la direction. Aujourd’hui, alors que les enjeux de formation, de détection et de développement des jeunes talents exigent une vision renouvelée, une question mérite d’être posée : quelle politique technique propre a été mise en œuvre et quels résultats concrets permettent d’en mesurer l’efficacité ?

Pour plusieurs observateurs, le football congolais ne peut continuer à fonctionner sans une feuille de route technique lisible, cohérente et évaluée sur la base de résultats. La multiplication des changements de sélectionneurs ne saurait, à elle seule, résoudre les difficultés structurelles si la formation, la philosophie de jeu et la progression des jeunes joueurs ne reposent pas sur une stratégie commune.

Le changement à la tête de la Direction technique nationale apparaît ainsi comme un dossier urgent. Si la FECOFA avait identifié la nécessité de réorganiser cette structure dès les premières étapes de l’ère Mosengo, le retard observé dans le processus de recrutement contraste avec l’urgence des réformes attendues. Le football congolais a besoin d’un DTN doté d’une vision claire, d’une expertise reconnue et de la capacité de coordonner durablement le travail des différentes sélections nationales.

Trois mois après l’appel à candidatures, le silence de la FECOFA devient difficile à comprendre pour ceux qui attendent des actes concrets. La fédération doit désormais clarifier la situation, communiquer sur l’état d’avancement du recrutement et préciser le calendrier de désignation du prochain DTN.

Car au-delà d’un simple changement de titulaire, c’est toute l’orientation technique du football congolais qui est en jeu. La reconstruction annoncée ne peut rester un slogan : elle doit se traduire par des décisions, une nouvelle dynamique et des résultats mesurables.

Jolga Luvundisakio