Kinshasa – Le report des élections de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), intervenu à la veille de la clôture du dépôt des candidatures, continue de susciter de vives réactions dans le milieu du football congolais. Parmi les voix les plus critiques figure celle d’Aziz Makukula, ancien international, qui dénonce une manipulation du processus électoral et une ingérence extérieure dans la gestion du football national.
Initialement prévue en avril 2026, l’élection à la FECOFA a finalement été renvoyée au mois de mai 2026. La Fédération internationale de football association (FIFA) a annoncé ce report dans un communiqué publié le mercredi 11 mars. Selon l’instance faîtière du football mondial, cette décision est principalement liée à des contraintes financières et logistiques, les fonds nécessaires à l’organisation du scrutin n’étant pas encore disponibles. Pour y remédier, la FIFA affirme avoir entrepris des démarches afin de mettre en place une solution de paiements provisoires, destinée à couvrir les dépenses liées à la tenue de ces élections.

Cette explication ne semble toutefois pas convaincre tout le monde. Jeudi 12 mars 2026, lors d’une rencontre avec d’anciens footballeurs à l’Espace Congo Loisirs à Kinshasa, Aziz Makukula a vivement critiqué la situation. Alors que les candidats s’apprêtaient à déposer leurs dossiers, l’annonce du report est tombée à minuit, bouleversant tout le calendrier électoral.
Pour lui, la situation est claire : certains acteurs chercheraient à orienter l’issue du scrutin. « Qu’est-ce qui ne marche pas dans notre pays ? », s’est-il interrogé, évoquant l’existence d’une « main noire » agissant dans l’ombre de la FECOFA. Selon lui, un tel revirement ne peut s’expliquer que par la volonté de favoriser un camp au détriment d’autres prétendants, notamment les anciens joueurs.
Malgré ce blocage, Aziz Makukula affirme rester déterminé à poursuivre son combat pour une réforme de la gouvernance du football congolais. « Le football doit revenir aux footballeurs », a-t-il insisté, appelant ses pairs à se mobiliser afin de restaurer une gestion du sport fondée sur l’expérience et la compétence des acteurs du terrain.
L’ancien international n’a pas non plus épargné ses collègues. Citant notamment Shabani Nonda, il a regretté les divisions qui minent le mouvement des anciens footballeurs. Selon lui, ces rivalités internes fragilisent leur capacité à peser dans le débat et à proposer une alternative crédible pour l’avenir du football congolais.
Dans un geste symbolique, Makukula s’est même déclaré prêt à renoncer à son ambition de diriger la FECOFA si cela pouvait permettre aux Léopards, actuellement en préparation des barrages de la Coupe du monde, de se concentrer pleinement sur leur objectif sportif.
Entre reports controversés, soupçons de politisation et silence de plusieurs prétendants, Aziz Makukula estime qu’une question essentielle doit désormais être posée : la FECOFA appartient-elle encore aux footballeurs ou est-elle devenue la propriété d’intérêts obscurs ?
Alors que la nouvelle échéance électorale est attendue en mai, le climat autour de la fédération reste tendu. Une chose est certaine : la bataille pour le contrôle du football congolais semble déjà engagée.
Jolga Luvundisakio
