20 mars 2026

Le stade Tata Raphaël a été le théâtre d’une réunion décisive tenue ce jeudi 4 septembre 2025 par l’Association des Dirigeants du Football Congolais (ADFCO), réunissant plusieurs acteurs clés du football national, dont des représentants de clubs de Ligue 1, Ligue 2 et des ligues provinciales. À l’ordre du jour : l’avenir du football congolais, menacé par le blocage électoral persistant à la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) et l’incertitude entourant la participation des clubs congolais aux interclubs de la CAF pour la saison 2025-2026.

Sous la houlette de son président Lambert Osango, accompagné notamment de Guy Mafuta Kabongo (Dibumba) et Max Moke (MK), l’ADFCO, soutenue par les structures footballistiques et les supporters, a élaboré un mémorandum en trois points majeurs. Ce document a été adressé au Comité de Normalisation (CONOR) dirigé par Madame Belinda Nzuzi Luntadila, avec pour objectif de forcer la tenue des élections au sein de la FECOFA et de ses ligues.

Les trois principales exigences de l’ADFCO :

  1. Poursuivre le processus électoral déjà entamé dans les cercles, ententes et ligues.
  2. Obliger le CONOR à publier sans délai le calendrier électoral des ligues nationales et du Comité exécutif de la FECOFA, avant toute reprise du championnat.
  3. Menacer de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en cas d’inaction prolongée ou la CAF.

Ces points ont été alors soumis par le public présent qu’il a adopté à l’unanimité.

Un mémo incendiaire pour dénoncer une dérive

Le Mémo N°2025/ADFCO/AG/RDC/04 SEPTEMBRE dénonce le communiqué n°016 du 2 août 2025 du CONOR, justifiant le report des élections en raison de la saisie des comptes de la FECOFA dans le cadre de l’affaire O’Neills. L’ADFCO juge cette justification infondée, rappelant que les précédents scrutins (dans les cercles et ligues provinciales) se sont déroulés sans financement de la FIFA, grâce à l’engagement des acteurs locaux.

Les signataires du mémo rappellent également que les mandats des Commissions de Gestion de la LINAFOOT et de la Ligue de Football Féminin sont expirés depuis 2021 et qu’elles fonctionnent aujourd’hui en totale illégalité.

Une dénonciation des propos de la CAF

L’ADFCO s’insurge également contre les déclarations du Secrétaire général de la CAF, qui évoquait des « élections biaisées » en RDC. Le mémo juge ces propos stigmatisants et péjoratifs, assimilant les acteurs du football congolais à des incompétents. Pour l’ADFCO, ces accusations ne servent qu’à pérenniser la mainmise du CONOR sur la gestion de la FECOFA.

Face à l’impasse, l’ADFCO hausse le ton et menace de ne pas engager ses clubs pour la saison 2025-2026, tout en annonçant son intention de porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Par ailleurs, une copie du mémo a été transmise à la FIFA, à la CAF, à la DAPS (Direction des Activités Physiques et Sportives) et aux présidents des ligues provinciales.

Clubs congolais en péril aux interclubs de la CAF

Autre point de tension : l’incertitude autour de la participation des clubs congolais aux compétitions interclubs de la CAF. Selon l’ADFCO, aucune confirmation officielle n’a été émise, et l’enregistrement des joueurs est actuellement bloqué par la CAF, alors que la clôture approche dans moins de 24 heures.

Si rien n’est fait, cela mènera à l’exclusion pure et simple des clubs congolais de ces prestigieuses compétitions, ce qui serait un nouveau coup dur pour un football congolais déjà fragilisé par plusieurs années de crise structurelle.

L’ADFCO conclut son mémo en appelant la présidente du CONOR à agir sans délai pour éviter l’implosion du football congolais. Les clubs affirment leur volonté de prendre en main l’organisation des élections, de financer eux-mêmes leurs déplacements, et d’installer des instances démocratiquement élues avant le démarrage de la nouvelle saison.

Emerode Kamba