19 mars 2026

L’homme d’affaires israélien Dan Gertler, via son groupe Fleurette, a accepté de verser 25,8 millions d’euros dans le cadre d’une ordonnance pénale rendue par la justice des Pays-Bas. Cette somme vise à clore une procédure liée à des paiements effectués entre 2010 et 2011 au profit d’Augustin Katumba Mwanke, ancien député national et proche de l’ex-président Joseph Kabila.

Dans un communiqué, Fleurette affirme que ces paiements ne concernaient pas un agent public et qu’ils étaient principalement destinés à soutenir des projets communautaires locaux. La société précise avoir accepté les faits « aux seules fins de l’ordonnance pénale », une formule juridique permettant parfois de clore une procédure sans reconnaissance formelle de culpabilité.

Malgré ce règlement, plusieurs observateurs s’interrogent sur la logique d’un paiement aussi important alors qu’aucune infraction n’a été officiellement reconnue. Le fait que Augustin Katumba Mwanke ait été député national entre 2006 et 2011, période correspondant aux versements, nourrit la controverse. Selon la loi, un parlementaire est considéré comme agent public, ce qui pose question sur la justification réelle des paiements.

Augustin Katumba Mwanke était également une figure influente dans le système minier congolais et proche de Joseph Kabila, impliqué dans de nombreux dossiers stratégiques. Pour certains analystes et ONG, la clôture de l’affaire par un simple règlement financier ne dissipe pas toutes les interrogations sur la nature des versements et sur la transparence des transactions.

Du côté de Dan Gertler, l’affaire est considérée comme définitivement close, mais pour une partie de l’opinion et des organisations de la société civile, la question de la responsabilité politique et morale demeure. Ce règlement illustre ainsi les limites des mécanismes de justice internationale, où un accord financier peut mettre fin à une procédure sans résoudre toutes les zones d’ombre.

Même après ce paiement conséquent, le débat reste ouvert sur les relations entre investisseurs étrangers et responsables politiques congolais, ainsi que sur la gestion des richesses minières du pays. L’affaire Dan Gertler montre que toutes les machines ne lavent pas blanc, et que la justice morale et l’opinion publique continuent de scruter chaque transaction.

Jolga Luvundisakio