La rentrée scolaire 2025-2026 n’a pas concerné tous les enfants à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Plus de 5.000 enfants de militaires des FARDC, actuellement engagés sur les lignes de front, n’ont pas pu reprendre le chemin de l’école, selon un rapport de monitoring de l’Association des enfants de soldats au front au Nord-Kivu, consulté ce jeudi.
Ces enfants, âgés de 6 à 14 ans, sont restés à la maison. Plusieurs d’entre eux n’ont pas trouvé de places dans les écoles publiques bénéficiant de la gratuité, déjà saturées par l’afflux d’élèves déplacés. D’autres, faute de moyens financiers, sont tout simplement privés de scolarité, livrés aux risques de la rue et à diverses formes de vulnérabilité.
Le coordonnateur de l’association, Serge Liwela, dénonce une situation injuste qui touche directement les familles des soldats congolais :
« Les parents de ces enfants se battent au front contre les rebelles du M23 et l’armée rwandaise. Ils méritent honneur et reconnaissance, notamment à travers l’éducation garantie à leurs enfants. Nous appelons les autorités compétentes à agir rapidement pour leur assurer une place dans les écoles de Beni et de son territoire », plaide-t-il.
Depuis l’occupation de Goma et Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise, de nombreux déplacés affluent vers Beni. Les écoles de la ville, déjà fragiles, accueillent une forte proportion de ces enfants déplacés, créant une surcharge et une promiscuité dans plusieurs établissements primaires.
Face à cette réalité, la société civile locale et les associations plaident pour une intervention urgente du gouvernement, afin de garantir le droit à l’éducation à ces enfants de militaires, dont les pères sont en première ligne pour défendre l’intégrité du territoire national.
La Rédaction
