28 octobre 2026

La société Chengtun Congo Resources (CCR) conteste les accusations relayées par Africa Intelligence concernant ses activités sur le site de MetalKol, dans la province du Lualaba. Par l’intermédiaire de son conseil, Me Guy Mafuta Kabongo, l’entreprise exige la publication de son droit de réponse dans un délai de 48 heures, faute de quoi elle se réserve la possibilité d’engager des poursuites judiciaires à Paris et à Kinshasa.

Dans une correspondance datée du 21 octobre 2026 et adressée à INDIGO Publications, éditeur d’Africa Intelligence, l’avocat de CCR dénonce des informations qu’il juge inexactes et préjudiciables à la réputation de son client. Il estime que l’article mis en cause, publié le 13 octobre, contient des affirmations contestées au sujet des activités de l’entreprise et de son directeur général, Wu Yicong.

Au cœur de cette controverse figurent notamment des accusations relatives à un présumé pillage de minerais sur le site de MetalKol, ainsi qu’à de possibles liens financiers avec l’ancien président Joseph Kabila. CCR rejette ces allégations et demande au média de publier sa version des faits dans les mêmes conditions de forme et de visibilité que l’article incriminé.

CCR réfute les accusations

L’entreprise conteste également les informations faisant état d’une prétendue exploitation illégale de minerais artisanaux. Selon les explications rapportées par son conseil, CCR affirme exercer ses activités dans le respect de la législation minière congolaise et indique que les documents légaux ainsi que les preuves de paiement des taxes et impôts peuvent être présentés aux autorités compétentes.

Concernant les accusations de financement présumé du camp de Joseph Kabila, la société les rejette également. Elle affirme qu’aucun élément ne permet, selon elle, d’établir les faits avancés dans l’article.

CCR dément par ailleurs tout recours aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour assurer la sécurité de ses installations. L’entreprise soutient que ses agents de sécurité ne sont pas armés et qu’elle ne sollicite pas de militaires pour protéger ses sites.

La société écarte tout partenariat avec Fifi Masuka

Dans sa mise au point, CCR rejette aussi les informations évoquant une collaboration avec la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini. La société affirme ne disposer d’aucun partenariat avec l’autorité provinciale et nie également toute relation commerciale avec la coopérative Wu Yicong, citée dans les accusations.

Elle conteste, en outre, les allégations relatives à un éventuel partenariat avec Luilu Ressources, précisant que cette entreprise ne serait pas liée à ses activités.

Un ultimatum avant d’éventuelles poursuites

Par cette démarche, Chengtun Congo Resources entend obtenir la publication intégrale de son droit de réponse afin de rétablir ce qu’elle considère comme la réalité des faits. Son avocat prévient qu’en l’absence de publication dans le délai fixé de 48 heures, sa cliente se réserve le droit de saisir les juridictions compétentes à Paris et à Kinshasa.

Cette affaire ouvre ainsi un nouveau front entre l’entreprise minière et le média d’investigation. À ce stade, les éléments présentés correspondent à la position de CCR, qui conteste les accusations publiées. La suite dépendra notamment de la réponse d’Africa Intelligence et des éventuelles démarches judiciaires engagées par les parties.

Jolga Luvundisakio