Avec le soutien de Global Greengrants Fund (GGF), 50 femmes leaders ont, depuis le mois d’août dernier, renforcé leurs capacités de plaidoyer pour défendre leurs droits, protéger leurs terres et réclamer un meilleur accès à l’électricité, à Inga au Kongo-Central.

Alors que le pays fait face à des difficultés d’approvisionnement en électricité, des femmes d’Inga, cité qui abrite les centrales hydroélectriques alimentant notamment la capitale, se mobilisent pour faire entendre leurs revendications. Du 13 au 15 août 2026, 50 femmes leaders ont participé à une session de renforcement des capacités organisée par la Dynamique des Femmes pour l’Environnement et le Développement (DYFED), avec l’appui financier de GGF.
« On ne voulait plus seulement expliquer ce que c’est que le changement climatique. On voulait que les femmes deviennent des actrices capables de défendre leurs droits », explique Blandine Bonianga, coordonnatrice de DYFED.
Depuis 2024, les participantes sont sensibilisées aux liens entre climat, agriculture et sécurité alimentaire. Cette nouvelle étape a permis à dix d’entre elles d’approfondir leurs connaissances sur les droits des communautés, les procédures d’indemnisation en cas de préjudice environnemental et les techniques de plaidoyer.
Les femmes dénoncent la destruction de cultures et la souillure de points d’eau, qu’elles attribuent à la divagation du bétail d’une exploitation privée voisine, qui appartiendrait au notable Mbelolo. Elles entendent documenter ces préjudices et saisir les autorités compétentes.
« Avant, on subissait. Maintenant, on sait comment documenter, comment porter plainte, comment parler aux autorités », témoigne une participante.
Par ailleurs, après des négociations avec le chef coutumier et les notables d’Inga, le groupement a obtenu deux hectares de terres agricoles en location pour trois ans. Ces parcelles serviront à développer une agriculture biologique et résiliente, sans brûlis, afin de renforcer l’autonomie économique des femmes.
Pour poursuivre cette mobilisation, DYFED a créé le Réseau local des Femmes Leaders en Énergie et Environnement, doté d’un comité de gestion et d’une feuille de route. Sa mission consiste notamment à documenter les préjudices signalés, à dialoguer avec les autorités territoriales et provinciales et à porter les revendications des femmes sur l’accès à l’électricité.
Selon les responsables du projet, plus de 400 femmes sont déjà sur la liste d’attente pour rejoindre le réseau.
« Quand la femme s’élève, tout bouge » : ce slogan résume l’engagement des participantes, qui entendent désormais transformer leurs acquis en actions concrètes au bénéfice des communautés d’Inga.
Rédaction
