11 mai 2026

Le Réseau des Journalistes pour la Promotion du Droit de la Femme (RJPF) a organisé une conférence ce vendredi 18 avril 2025, à Silikin Village, dans la ville de Kinshasa.

L’objectif de cette activité était de remettre en question les stéréotypes sexistes profondément enracinés dans la société congolaise, et de sensibiliser l’opinion publique à des moyens concrets de combattre les idées reçues qui freinent l’émancipation des femmes. D’où le choix du thème : « Désancrer les stéréotypes : lutter contre la chosification de la femme et la désinformation. »

Cette initiative a rassemblé de nombreuses activistes, des journalistes, des parlementaires ainsi que divers professionnels engagés dans la défense des droits des femmes.

Parmi les éminents panélistes ayant pris la parole au cours de cette rencontre figuraient Christian BOSEMBE, président du CSAC, Maître Joséphine MBELA, juriste et chargée de plaidoyer à l’ACAJ,
Maître Pacifique NKUNZI, représentant d’ONU Femmes RDC, et Anny MODI, directrice exécutive de l’ONG Afia Mama.

Lors de son intervention, Christian BOSEMBE a vivement critiqué les mentalités rétrogrades qui perpétuent l’idée que la femme est inférieure à l’homme. Il a souligné que, malgré les évolutions sociales, ces croyances persistent et se reflètent souvent dans les médias. Il a encouragé ces derniers à jouer un rôle central dans la transformation des mentalités, en diffusant des contenus valorisant les femmes et en rompant avec les représentations sexistes encore trop présentes. Il a également salué l’engagement et la performance de nombreuses femmes dans le monde politique, preuve selon lui que la compétence ne dépend pas du genre.

Maître Joséphine MBELA, pour sa part, a mis en lumière l’existence d’un cadre juridique solide en matière de protection des droits des femmes – notamment le Protocole de Maputo, les conventions internationales ratifiées par la RDC, ainsi que les lois sur la parité. Toutefois, elle a déploré leur faible vulgarisation, ce qui limite leur impact réel. Elle a également dénoncé le harcèlement moral et psychologique que subissent de nombreuses femmes dans leur vie professionnelle comme personnelle, appelant à des actions plus concrètes pour y mettre fin.

Maître Pacifique NKUNZI s’est penché sur un phénomène de plus en plus préoccupant : les violences faites aux femmes dans l’espace numérique. Il a alerté sur la banalisation des discours sexistes en ligne, qui peuvent avoir des conséquences graves sur les victimes. Il a salué l’adoption récente de nouvelles ordonnances-lois signées par le Président de la République, qui offrent désormais un cadre légal pour sanctionner ces comportements.

Anny MODI, surnommée “la Mama des Amazones”, a apporté un éclairage pédagogique sur la différence entre les stéréotypes et les préjugés, en expliquant comment ces constructions sociales se nourrissent des traditions et des normes culturelles. Elle a reconnu l’existence d’un arsenal juridique en faveur des femmes, mais a regretté son application insuffisante, souvent freinée par le manque d’implication réelle de certains décideurs politiques.

Cette journée avait pour but de déconstruire les idées sexistes qui freinent les femmes et de sensibiliser le public à des solutions concrètes pour leur permettre de s’épanouir pleinement dans tous les domaines de la vie.

La rencontre s’est clôturée par une séance d’échanges dynamiques entre les participants et les intervenants, suivie d’un cocktail et d’un moment de réseautage.

Plus qu’un événement, cette journée a été un signal fort : celui d’une société congolaise en quête d’équilibre, où la femme n’est plus une figure secondaire, mais un pilier du changement.

Glody Wembo